Punir (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Infliger, faire subir à quelqu'un la peine de son crime, de sa faute. "Dieu l'en a bien puni. On l'a puni comme il le méritait. Après ce qu'il a fait, on ne saurait trop le punir. Punir sévèrement. Punir un enfant pour une faute légère. On l'a puni de ses malversations. Il a été puni pour cette faute. On l'a puni de mort. Punir le méchants et récompenser les bons."
"Dieu le a," Son crime ne demeurera pas impuni.
Fig. et fam., "Être puni par où l'on a péché," Éprouver du dommage, de la peine par suite des choses mêmes où l'on a cherché et trouvé de l'avantage, du plaisir, etc. "Pour avoir fait trop bonne chère, il est atteint de la goutte : il est puni par où il a péché."
PUNIR se dit aussi en parlant du Crime, de la faute. "C'est un crime qu'on ne saurait trop sévèrement. Punir les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes."
Il signifie encore Mal reconnaître ce qu'on a fait pour nous, rendre le mal pour le bien. "Vous êtes un ingrat, vous me punissez bien de ce que j'ai fait pour vous, des services que je vous ai rendus. Il a été bien puni de son excessive indulgence pour ses enfants. Je suis puni de ma trop grande confiance en cet homme-là".



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Faire subir à quelqu'un le châtiment de son crime, de sa faute. Punir d mort. Punir un criminel du dernier supplice. Il a été puni de ses malversations.
MONTESQ.: « On punit à la Chine les pères pour les fautes de leurs enfants »
MONTESQ.: « Des gens qu'on ne saurait regarder comme des hommes méchants sont punis comme des scélérats ; ce qui est la chose du monde la plus contraire à l'esprit du gouvernement modéré »
    Absolument.
CORN.: « Et je saurai , comme récompenser »
RAC.: « Un père, en punissant, madame, est toujours père »
FONTEN.: « Ignorer ce qu'il vaut mieux ignorer que , et ne que rarement et utilement »
ROLLIN: « Il faut bien de l'art et de la prudence pour utilement »

 2   Il se dit aussi des choses qui sont cause qu'une punition est infligée.
BOSSUET: « Ne songeant qu'à restreindre et à une liberté qui n'avait pas su demeurer dans ses bornes »
MASS.: « Vous supposeriez qu'avoir confessé des crimes invétérés, c'est les avoir punis »
VOLT.: « Partout on punit le crime ; il est plus beau sans doute d'encourager à la vertu »
DIDER.: « Un soupir, une larme indiscrète serait punie de mort »

 3   Il se dit de Dieu qui inflige des châtiments durant ou après cette vie.
PASC.: « Comme les hérésiarques sont punis, en l'autre vie, des péchés auxquels ils ont engagé leurs sectateurs »
BOSSUET: « Quand, pour les scandales, ou pour réveiller les peuples et les pasteurs, il [Dieu] permet à l'esprit de séduction de tromper les âmes hautaines »
BOSSUET: « Dieu, pour l'irréligieuse instabilité de ces peuples [les Anglais] »
BOURDAL.: « Il est certain que Dieu ne nous punit point en ce monde précisément pour nous ; mais qu'il ne nous punit que pour nous convertir »
VOLT.: « Le ciel me punit d'avoir trop écouté D'un oracle imposteur la fausse obscurité »
    Dieu le a, signifie qu'une mauvaise action ne demeurera point impunie.

 4   Par extension, faire éprouver quelque châtiment comparé à une punition.
MOL.: « Pourquoi, pour cet infâme, Mon coeur n'a-t-il assez de résolution ? Ah ! que dans cette occasion J'enrage d'être honnête femme ! »
BOILEAU: « Ah ! que, pour la de cette comédie [feindre d'être malade], Ne lui vois-je une vraie et triste maladie ? »
RAC.: « Je t'ai même puni de l'avoir arraché [un secret] »
VOLT.: « Il [Gustave Wasa] punit la religion catholique des attentats de ses ministres ; en moins de deux ans, il rendit la Suède luthérienne par la supériorité de sa politique plus encore que par autorité »

 5   Mal reconnaître, rendre le mal pour le bien. Il a été puni de sa folle tendresse. Vous êtes un ingrat ; vous me punissez bien de ce que j'ai fait pour vous.
CORN.: « Un si grand ennemi ne peut être gagné, Et je te ais de m'avoir épargné »

 6   Se , v. réfl. S'imposer un châtiment.
BOURDAL.: « On peut se par zèle de sa perfection, on peut se pour venger Dieu »
RAC.: « Elle s'en est punie, et, fuyant mon courroux, A cherché dans les flots un supplice trop doux »
D'ALEMB.: « Il [Marivaux] fit, sur une jeune actrice qui n'avait ni talent ni figure, une plaisanterie qu'il se reprocha, et dont même il se punit, si c'est se que de réparer une faute par une action généreuse »
    S'infliger l'un à l'autre une punition.
NICOLE: « Qu'est-ce que deux armées qui se battent ? ce sont des ministres de cette justice [divine] qui se punissent les uns les autres, et qui n'exécutent précisément que ce que Dieu a ordonné »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Ass. de Jérus. I, 297: Si n'est mie merveilles se le Seignor le punit, puisqu'il a fait si lait barat en court et encontre l'assise
JOINV.: « Nous voulons que il en soient punis en leurs biens et en leurs persones, se le meffait le requiert »
    XIVème siècle
ORESME: « Et encor punist l'en un homme pour ce qu'il fait par ignorance et pour son ignorance, se il est en cause de telle ignorance »
    XVIème siècle
MONT.: « Faut-il pas les de ce qu'ils ne maintiennent... »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. pugni ; provenç. et espagn. ; ital. e ; du lat. e qui vient de poena, peine.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Infliger, faire subir à quelqu'un la peine de son crime, de sa faute. "Dieu l'en a bien puni. On l'a puni comme il le méritait. Après ce qu'il a fait, on ne saurait trop le . Punir rigoureusement. Punir sévèrement. Punir un enfant pour une faute légère. Il faut les traîtres. On l'a puni de ses malversations. Il a été puni de ses crimes. Il a été puni pour cette faute. Punir un criminel du dernier supplice. On l'a puni de mort. Punir les méchants, et récompenser les bons."
Prov., "Dieu le a," Son crime ne demeurera pas impuni.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi en parlant Du crime, de la faute. "C'est un crime qu'on ne saurait trop sévèrement. Punir les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes. Punir le vice et récompenser la vertu."
Il signifie quelquefois, Mal reconnaître ce qu'on a fait pour nous, rendre le mal pour le bien. "Vous êtes un ingrat, vous me punissez bien de ce que j'ai fait pour vous, des services que je vous ai rendus. Il a été bien puni de sa folle amitié, de son excessive indulgence pour ses enfants. Je suis puni de ma trop grande confiance dans cet homme-là."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Infliger la peine, faire subir à quelqu'un la peine de son crime, de sa faute. "On l'a puni comme il le méritoit. Après ce qu'il a fait, on ne le sauroit trop . Punir rigoureusement. Punir sévèrement. Il faut les traîtres. On l'a puni de ses malversations. Il a été puni de ses crimes. Il a été puni pour cette faute. Punir un criminel du dernier supplice. Punir les méchans, et récompenser les bons".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Punir, signifie quelquefois, Infliger une peine sans fin, par opposition à "Châtier," qui désigne une peine de correction, qui peut étre suivie du pardon, du retour à l'amitié. "Dieu nous châtie en ce monde, et dans l'autre il nous punit sans retour".
On dit aussi, "Punir un crime, une faute. C'est un crime qu'on ne sauroit trop sévèrement. Punir les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes. Punir le vice, récompenser la vertu".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Châtier, faire souffrir une peine à quelqu'un pour un crime, pour une faute. "On l'a puni selon ses mérites. Après ce qu'il a fait, on ne le sauroit trop . Punir rigoureusement. Punir sévèrement. Il faut les traîtres. On l'a puni de ses malversations. Il a été puni de ses crimes. Punir les méchans, & récompenser les bons."
On dit aussi, "Punir un crime, une faute. C'est un crime qu'on ne sauroit trop sévèrement. Punir les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes. Punir le vice, récompenser la vertu."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

PUNISSABLE, adj. PUNITION, s. f. ["Punir", "sable", "cion"; en vers, "ci-on".] "Punir", faire soufrir une "peine" pour une faûte. "Punition", peine par laquelle on punit. "Punissable", qui mérite punition. 'On "l'a puni" sévèrement. On ne saurait trop "le ": il "a été puni de" ses crimes, "etc." On doit proportioner "la punition" aux faûtes. 'Il paya quinze mille marcs d'argent, "en punition de" sa faûte. "Hist. d'Angl." 'Cet homme est "punissable". 'Ce crime est "punissable de" mort.
   REM. "Punir" a pour 2d régime la prép. "de", pour les noms qui expriment le crime";" et la prép. "par", pour ceux qui expriment la peine.
   Je ne "punis" que moi "des" maux que l'on m'a faits.
       "Camp."
'Il "a été puni de" son insolence, "par" l' exil. '"Punissez-le par" le mépris. = On dit bien, "puni de mort", mais c'est une phrâse comme consacrée, et qui ne tire point à conséquence pour d'aûtres. 'Le moindre soupçon "étoit puni de la" mort ou "de l'"exil. RÉVOL. ROM. "Par la mort" ou "par l'exil", serait mieux, ce me semble. Voy. CHâTIER.
   REM. "Faire la punition d'un crime", pour dire, " un crime", est une expression du siècle pâssé; elle est aujourd'hui suranée. 'Dieu... "fit" bientôt "la punition de" tant de crimes. "Maimb. Hist. des Crois."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Chastier, faire souffrir une peine à quelqu'un pour une faute, pour un crime. "On l'a puni selon ses merites. aprés ce qu'il a fait on ne le sçauroit trop . rigoureusement. severement. il faut les traistres. on l'a puni de ses malversations. il a esté puni de ses crimes. les meschants, & recompenser les bons".
Il se dit aussi, Des choses, des fautes & des crimes. "C'est un crime qu'on ne sçauroit trop severement. les moindres fautes, jusqu'aux moindres fautes. le vice, recompenser la vertu".




Emplacement dans le dictionnaire :

pulvérulent
puma
punais
punaise
punaisie
punch
punctiforme
puni
punique

punissable
punissant
punisseur
punition
punitionnaire
pupe
pupillaire
pupillarité
pupille
pupitre
pur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...En premier lieu, la peine consiste dans une réaction passionnelle. Ce caractère est d'autant plus apparent que les sociétés sont moins cultivées. En effet, les peuples primitifs punissent pour punir, font souffrir le coupable uniquement pour le faire souffrir et sans attendre pour eux-mêmes aucun avantage de la souffrance qu'ils lui imposent. Ce qui le prouve, c'est qu'ils ne cherchent ni...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...vendetta avait été primitivement la forme unique de la peine : celle-ci aurait donc consisté d'abord dans des actes de vengeance privée. Mais alors, si aujourd'hui la société est armée du droit de punir, ce ne peut être, semble-t-il, qu'en vertu d'une sorte de délégation des individus. Elle n'est que leur mandataire. C'est leurs intérêts qu'elle gère à leur place, probablement parce qu'elle les...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...; maintenant je les méprise. Corrompre de braves sous-officiers, monsieur ! Introduire dans l'armée les troubles de la politique ! C'est un crime infâme, monsieur, et qu'aucun châtiment ne saurait punir assez. Le commandant caressait la crinière blanche de son cheval ; il balançait sa maigre tête rasée aux lèvres, fleurie, jusqu'aux narines, de favoris en touffes que cerclait la jugulaire de...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...nature humaine se remarque dans les idées des religions sur l'expiation. Le besoin d'expiation, après une vie immorale ou frivole, est très légitime ; l'erreur est d'avoir cru qu'il s'agissait de se punir. La seule pénitence raisonnable, c'est le repentir et le retour avec plus d'amour à la vie sérieuse et belle. Les petits esprits qui conçoivent la perfection comme une médiocrité, résultant de la...


Citation n°5 de Jean JAURÈS (Études socialistes)

...les pères étaient trop souvent attachés au passé ; qu'au contraire, les générations nouvelles comprenaient les temps nouveaux. Il était donc imprudent de laisser aux pères le droit de punir, en les déshéritant, ceux de leurs enfants qui soutenaient l'ordre nouveau et se dévouaient au progrès de l'humanité. Laisser aux pères l'entière disposition de leurs biens, c'était leur permettre...


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